Et accro...

***

Ne cherchez pas trop loin… c’est moi.
Oui, parfaitement.
Et telle que je suis, avide de lecture, je succombe bien davantage aux magazines qu’aux romans.
Un drame ?
Rien n’est moins sur.

Ceci étant, après avoir rangé l’appartement dans un enthousiasme fracassant, je réalise à nouveau avec quel pouvoir les revues envahissent la chambre, le bureau, le coin canapé et même… la salle de bains.

Ce que beaucoup considèreront surement comme un fait terriblement banal est au contraire pour moi un triste constat.
Lequel ?
Non mais c’est vrai les filles, au rythme où je vais, il va bientôt falloir que j’admette l’existence d’un budget magazines et, franchement, entre nous, pour ce que j’en fais hein… je préfèrerais le consacrer à autre chose.
{Mais la femme est faible et je suis une femme…blablabla}

Quand j’y pense – pas trop longtemps, qu’on se le dise – je pourrais faire un parfait cobaye aux études sur le potentiel réel des magazines.
Mais pour ca faudrait déjà que :
a |  que ce genre d’études existe ;
b | que les magazines aient un réel potentiel {oh la vilaine, elle ose dire que les revues n’ont pas de potentiel} ;
c | qu’on ait mon numéro de portable histoire de m’appeler pour une interview lambda de la lectrice lambda de revues lambda.
Bref, pas demain la veille.
Pourtant je m’y voyais bien moi…

Interview de g. Van de Kamp*, lectrice assidue de la célébrissime revue In Style**.
Lieu de l’interview : Le Crillon***.
* Nom d’emprunt.
** Nom inchangé parce qu’il n’y a pas besoin.
*** Parce que je le vaux bien.

- Bonjour Mademoiselle, alors nous…
- Oh je vous en prie, appelez-moi Bree.
- Très bien Bree…
- Comme Bree Van de Kamp, dans la série Desperate Housewives, vous connaissez ?
- Euh, oui, je connais. Je disais donc, nous allons commencer cette interview par une question…
- Y sont où les petits fours ?
- Pardon ?
- On m’a dit que si j’acceptais l’interview, y’aurait des petits fours.
- Non, désolé, y’a pas de petits fours. Alors, je reprends… Depuis combien d’années lisez-vous In Style ?
- C’est nul. Et y’a même pas de soda ?
- Non, juste de l’eau plate mademoiselle…
- Bree.
- … Bree.
- Alors, vous n’avez aucune question à me poser ?
- …
- Bah vous n’êtes pas terrible comme journaliste franchement.
Après 1hOO de pourparlers, le journaliste démissionnerait et j’aurais droit à 1 an d’abonnement gratuit.
Comment ca on nage en plein rêve ?

Bon, plus sérieusement, j’ai quand même sur ma table suite au tri fracassant de ce matin quelques… 19 revues…
Budget estimé avec la minutie d’une comptable – ce que je ne suis pas, je le souligne hein :  62 Euros !!!
{pause : je reprends mon souffle, acte facilité par l’idée que ce budget s’étale sur plusieurs mois}

Et dire que ce n’est pas le plus inquiétant…
Non, le plus inquiétant dans l’histoire, c’est que la plupart de ces revues n’ont jamais été vraiment lues.
{Pause : je me demande si je suis toute seule à être assez malade|débile|les deux pour dépenser de l’argent dans des choses inutiles… ?}

Les revues que j’achète sont souvent le fruit d’un acte irréfléchi qui tend majoritairement à me faire oublier les 6 à 8 heures que je viens de passer au bureau.
Et c’est dans ce même esprit que je grimpe dans le tram, convaincue que je vais les lire, m’abreuver de toutes les informations qui figurent sur les doubles pages en format poche, sauf que je ne suis bientôt plus qu’une misérable loque {accentuation volontaire} dont l’unique motivation ne se résume plus à tourner les pages des revues en question mais à rentrer et a me faire couler un bon bain.
{d’où les revues retrouvées enfouies sous les serviettes}

Résultat, je me retrouve aujourd’hui devant mes 19 revues, en proie à un cruel dilemme : les lire vraiment ou découper et coller uniquement ce qui m’intéresse, en survolant le tout ?
Allez au boulot !
Un dimanche, si c’est pas malheureux…

mags

Nota : avec un petit verre de crème de cassis, ca devrait aller.